VII.2.B – Séparation suite à un abandon ou d’un placement à l’initiative
des parents
En Union des Comores, les enfants qui vivent éloignés de leurs parents ne sont pas
des cas rares.
En premier lieu, il est dans les us et coutumes qu’un enfant soit confié à un parent
plus aisé, ou qui est dans l’incapacité de donner naissance.
En second lieu, il n’est pas rare que des parents considèrent qu’il est dans l’intérêt de
leurs enfants les envoyer dans d’autres villes plus éloignés, chez des parents ou
connaissances, estimant qu’ils auront beaucoup plus de chances d’être instruit et
d’avoir un avenir meilleur. Ces pratiques échappent aux institutions judiciaires.
Enfin, un couple peut avoir plus de 8 enfants, notamment à Anjouan. De ce fait, de
nombreux parents démunis placent leurs enfants chez des familles aisées au sein
desquelles ils travailleront en qualité de domestiques. Ces enfants seront exploités et
traités comme des adultes. Certains ne verront jamais leurs parents pendant
plusieurs années.
Ces dernières années ont vu naître un phénomène des plus alarmants. Pour fuir une
pauvreté de plus en plus grandissante, beaucoup d’hommes et de femmes émigrent
vers d’autres pays dans la clandestinité, Mayotte ou la France principalement.
Ils délaissent des familles parfois composées
d’enfants en bas âges. Lorsqu’ils
parviennent à régulariser leur situation, se pose le problème de réunification
familiale. Dans les faits, ils rencontrent d’énormes difficultés pour se réunir.
Notamment les enfants séparés des leurs parent qui habitent à Mayotte ou en France.
Encore une fois, en raison de l’existence d’une famille étendue, jusque récemment il
n’y avait nul besoin d’ouvrir des foyers spéciaux pour les enfants abandonnés ou
orphelins.
Cependant, un phénomène nouveau et révélateur de la crise est l’émergence
d’enfants des rues. Ces derniers peuvent être aperçus dans les rues, vendeurs à la
criés de petits articles, coursiers pour des tiers, mendiants, notamment à proximité
des zones portuaires, des marchés et des salles de diffusion cinématographique.
Le pays ne dispose pas de structure sociale de placement. Les Juges des enfants sont
très rarement amenés à placer des enfants dans des familles d’accueil et seulement
dans des cas extrêmes, notamment d’abandon. Mais, très peu de familles d’accueil
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