Cependant, au regard des événements de 1994 qui ont secoué le Rwanda, ce rapport
d’obéissance totale aux parents, aux plus âgés et aux éducateurs a montré ses
limites. En effet il ressort, des informations recueillis par le Comité qu’un grand
nombre d’enfants mineurs a été amené à participer aux massacres pendant le
génocide. L'absence de règle permettant au jeune de pouvoir refuser d’exécuter un
ordre d’un parent, d’un plus âgé ou de son éducateur ou enseignant, lorsque sa
conscience morale le lui impose, constitue une faiblesse notoire dans l’application du
principe.
Le Comité recommande au Gouvernement de revoir l’écriture de ces textes en
reconnaissant que l’obéissance est une valeur positive imposable à l’enfant, mais que
celui-ci, dans la mesure de ses capacités a discerner, et selon son âge, peut juger de
la nécessité de désobéir en faveur des responsabilités qui lui sont assignés dans la
Charte, et en faveur de ces valeurs de paix et de non discrimination.
Le Comité encourage donc le Gouvernement rwandais à renforcer les efforts dans le
sens de faire prendre conscience aux jeunes leur responsabilité dans l’avenir de leur
famille, leur nation, leur continent.
OBSERVATIONS ET COMMENTAIRE GENERAL
Le Comité félicite la République du Rwanda pour avoir accepté de se soumettre à son
devoir de présentation de son rapport sur la situation de mise en œuvre de la Charte
africaine des droits et du bien-être de l’enfant et pour les dispositions prises en faveur
de la promotion et de la protection des droits de l’enfant. Il note avec satisfaction le
courage et la détermination avec lesquels il a affronté les multiples défis occasionnés
par les événements de 1994 en matière de droits et du bien-être de l’enfant.
Le Comité note que le Gouvernement reconnaît que les défis sont encore importants
et le chemin reste encore long pour aboutir au respect total des droits et du bien-être
de l’enfant il l’encourage cependant à maintenir sa détermination, en prenant les
dispositions nécessaires pour relever ces défis et contraintes qui se dressent contre la
mise en œuvre de la Charte.
Le Comite saurai gré de voir la République du Rwanda adopté des stratégies qui
renforceront la quantité et la qualité des intrants indispensables à la protection et à
l’éducation des enfants dans tout le pays.
Le Comité recommande à l’Etat Partie d’accentuer la priorisation des droits de l’enfant
dans la définition de toutes les politiques, programmes et stratégies nationales de
développement.
Le Comité Africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant saisit cette
occasion pour renouveler au Gouvernement de la République du Rwanda, l’assurance
de sa très haute considération.
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