108 Guignard/Acteurs non-gouvernementaux et le Protocole de Maputo 3.1 3.2 4 La constitution d’une coalition de la cause pour l’entrée en vigueur du Protocole de Maputo..............................................................................................114 Garantir l’entrée en vigueur ‘coûte que coûte’: le rôle catalyseur des associations............................................................................................................116 Usages du droit pour l’égalité dans l’espace transnational africain (2005 à aujourd’hui) ..................................................................................................118 4.1 4.2 5 1 Le droit, une ressource du jeu politique................................................................119 Le droit, une ressource instrumentalisée pour la cause de l’égalité entre les sexes .......................................................................................................................121 Introduction ................................................................................................................ 123 INTRODUCTION Le Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes (Protocole africain relatif aux droits des femmes ou Protocole de Maputo), adopté à Maputo au Mozambique en 2003 lors de la deuxième conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA), est entré en vigueur le 25 novembre 2005, après la ratification de quinze États. Loin d’être le simple produit de décisions étatiques, il reflète également la prise de participation d’acteurs non étatiques mise en évidence par la perspective constructiviste. L’enjeu de la mise en œuvre du Protocole de Maputo rompt ainsi avec le schéma westphalien traditionnel dans lequel les États sont les seuls acteurs des relations internationales.1 C’est la raison pour laquelle nous utiliserons le terme ‘transnational’ pour signifier que, sans dénier l’importance accordée à l’État, nous privilégierons dans cette analyse les effets de solidarité entre réseaux et communautés d’acteurs non étatiques. Nous souhaitons ainsi dépasser le cadre des spécificités nationales pour mieux montrer les ‘configurations d’interactions transnationales’,2 en soulignant les connexions d’acteurs associatifs au-delà des champs nationaux afin de porter la cause du Protocole. L’objectif de cet article est ainsi d’étudier le rôle des acteurs nongouvernementaux dans l’adoption, la ratification et la mise en œuvre du Protocole de Maputo. Même si celui-ci semble, au premier regard, une ‘cause sans mouvement’3 (ses initiateurs et rédacteurs sont en grande majorité issus des professions juridiques et se distinguent par une expertise reconnue sur les questions d’égalité hommes/femmes), il fait rapidement l’objet d’une intense campagne de mobilisation. Nous qualifions cette campagne de ‘mobilisation juridique’4 car les acteurs 1 JS Nye & RO Keohane ‘Transnational relations and world politics: an introduction’ (1971) 25 International Organization 329. 2 P Hassenteufel ‘De la comparaison internationale à la comparaison transnationale’ (2005) 55 Revue française de science politique 113 126. 3 L Bereni La bataille de la parité (2015) 300. 4 Voir les travaux de Michael Mc Cann sur les ‘legal mobilisations’: M McCann Rights at work (1994) 372. Plus récemment: M N’Diaye ‘Le développement d’une mobilisation juridique dans le combat pour la cause des femmes: l’exemple de l’Association des juristes sénégalaises (AJS)’ (2011) 124 Politique africaine 155.

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