Préface
En créant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, le
Protocole dit de Ouagadougou n’a pas seulement consacré la naissance
d’une nouvelle institution des droits de l’homme en Afrique. Il a
inauguré sur le continent l’ère du renforcement de la protection
judiciaire des droits de l’homme dont la Commission africaine des
droits de l’homme et des peuples avait été la pièce maîtresse au cours
des deux décennies précédentes. Par l’Avis consultatif qu’elle a rendu
sur la qualité pour agir directement devant elle du Comité africain
d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant, la Cour a confirmé
l’élargissement à cette troisième institution, du système africain de
protection des droits de l’homme.
Pour donner corps à cette relation filiale par nature, les trois
institutions ont, ces dernières années, développé une coopération de
plus en plus active dont l’Annuaire Africain des Droits de l’Homme est
l’une des manifestations les plus tangibles. Le contentieux des droits de
l’homme est un outil impressionnant de protection. La promotion n’en
n’est pas moins un puisqu’elle participe à la dissémination de la
connaissance et, par conséquent, à une veille constante d’idées sur l’état
des droits de l’homme.
Par le premier numéro de l’Annuaire, dont le lecteur a entre les
mains un exemplaire, les trois institutions se sont efforcées d’ouvrir un
nouveau front de réflexion sur l’état des normes, du fonctionnement
des institutions et des droits des femmes et des enfants en Afrique. En
associant les écrits d’universitaires, de praticiens et d’activistes de la
société civile de différents horizons, africains ou non, ce premier
numéro met également l’accent sur la participation des femmes à la
réflexion scientifique sur les droits de l’homme en Afrique. Une telle
approche se positionne dans la célébration continue de l’année 2016
spécialement consacrée par l’Union africaine aux droits des femmes sur
le continent.
Il reste à nourrir le ferme espoir que, dans ses parutions
subséquentes, cet Annuaire s’affermisse comme la plateforme par
excellence de réflexion pas seulement sur les droits de l’homme mais
également sur les thématiques connexes de l’etat de droit, de la
démocratie et de la gouvernance en Afrique.
Honorable Sylvain ORÉ,
Président de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples
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