Éditorial
Ceci est le premier volume de l’Annuaire Africain des Droits de
l'Homme. Des trois systèmes régionaux des droits de l’homme, le
système Africain est le plus récent. La publication de cet Annuaire
marque un moment où le système régional africain des droits de
l’homme a atteint une certaine maturité. Rassemblant des
contributions portant sur les trois institutions composant le système
africain des droits de l’homme, l’Annuaire reflète également un
système de plus en plus cohérent. L’Annuaire vise à être un forum de
réflexion analytique sur tous les aspects du système.
Dans la fratrie africaine des droits de l’homme, la Commission
africaine des droits de l’homme et des peuples (Commission africaine)
est l’aînée. La date du 2 novembre 2017 marque 30 ans depuis son
inauguration, en 1987. Opérant initialement à partir d’Addis-Abeba,
son siège s’est ensuite établi à Banjul, en Gambie, où elle est toujours
basée. L’une des raisons du choix de la Gambie, à savoir la culture
démocratique symbolisée par le président Jawara, s’est édulcorée
quand il (le président Jawara) a été renversé par la force militaire en
1994. Le règne antidémocratique de son successeur (le président
Jammeh) a conduit à des appels persistants pour que le siège de la
Commission de Banjul soit déplacé de Banjul. Cependant, Jammeh a
été battu dans les urnes et s’est finalement retiré, faisant place à un
retour à la gouvernance démocratique sous le président Barrow en
2017. Cette ère tient la promesse de voir Banjul redevenir la figure de
proue des droits de l’homme en Afrique, comme elle l’était à l’époque de
la rédaction de la Charte africaine, ce qui a valu à cet instrument d’être
baptisée ‘Charte de Banjul’.
Décrite par de nombreux commentateurs pionniers comme un
document voué à l’échec, grâce au génie des membres successifs de la
Commission africaine, la Charte africaine des droits de l’homme et des
peuples (Charte africaine) a été interprétée de manière téléologique et
dynamique. Certaines des plus grandes avancées et contributions de la
Commission résident dans les améliorations qu’elle a apportées à la
procédure de rapport des Etats, qui aboutit désormais
systématiquement à des observations finales exhaustives et
perspicaces; son initiative visant à établir une gamme de mécanismes
spéciaux pertinents et influents; les grandes améliorations progressives
dans la diffusion des informations pertinentes; l’expansion normative
de la Charte à travers des Résolutions, des Observations Générales et
d’autres normes juridiques non contraignantes; et la qualité et
l’innovation de sa jurisprudence dans un certain nombre de
communications novatrices. La Commission a également contribué à
l'adoption du Protocole à la Charte africaine relatif aux droits des
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