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Guignard/Acteurs non-gouvernementaux et le Protocole de Maputo
acquise qui doivent permettre à SOAWR de faire connaître et
reconnaître le Protocole de Maputo: ‘il y a beaucoup de preuve qu’un
lobbying efficace et approprié auprès de la société civile est un moyen
efficace de faire pression sur les décideurs politiques’.44
Pour disséminer des connaissances à propos du texte, la coalition
vise plus largement la société civile aux niveaux national et local. Selon
les associations, seul un processus d’apprentissage de cet instrument
juridique le rendra contraignant et permettra d’en jouir. Sans quoi, la
fonction coercitive du droit ne peut fonctionner. En Gambie par
exemple, la stratégie du Centre africain pour la démocratie et les études
sur les droits de l’homme consiste à sensibiliser les chefs religieux ainsi
qu’à s’appuyer sur des techniques de communications pour aider les
personnes analphabètes à comprendre le Protocole:
l’implication de communicants traditionnels (surtout des femmes) dans la
composition de musique dans les langues locales a été utile pour disséminer
l’information parmi les communautés rurales […]. En outre, la production de
brochures, de posters et la traduction du Protocole dans les langues locales a
engendré une meilleure connaissance de cet instrument dans l’ensemble de la
population.45
Les membres de la coalition mettent à la disposition des associations
nationales de défense des droits des femmes nationales l’information
sur le Protocole de Maputo, par exemple en organisant des sessions de
formation pour expliquer notamment la procédure de ratification. C’est
aussi pour promouvoir le Protocole qu’ils utilisent les médias (radio,
TV, journaux) et que l’organisation FEMNET produit une pièce
radiophonique en collaboration avec la Compagnie nationale ‘Kenya
Broadcasting Corporation’.
Le plaidoyer peut également s’effectuer à distance par la mise en
réseau et la création de mailing list qui font circuler du matériau
militant: projets de lois, pétitions, slogans ... Dans les États qui l’ont
ratifié, les membres de la coalition de cause font pression en repérant
des violations du Protocole, tandis que pour ceux qui ne l’ont encore
ratifié, ils élaborent une cartographie visant à énumérer de façon
exhaustive les entraves à la ratification.
On le voit, la spécificité de la mobilisation de la coalition de cause
est qu’elle combine un répertoire protestataire (dénonciations,
pétitions, interpellations publiques) à un ‘répertoire d’action’46 plus
feutré qui renvoie à des stratégies d’influence des autorités politiques
44
Oxfam “Promoting Women’s Rights across Africa: Raising Her Voice – Pan Africa
Effectiveness Review” (décembre 2013) 27 http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/
resources/er-promoting-women’s-rights-pan-africa-effectiveness-review-061213-en.pdf
(consulté le 26 mai 2017) (traduction de l’auteure).
45
Oxfam “Promoting Women’s Rights across Africa: Raising Her Voice – Pan Africa
Effectiveness Review” (décembre 2013), 18 http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/
files/resources/er-promoting-women’s-rights-pan-africa-effectiveness-review-061213en.pdf (consulté le 26 mai 2017) (traduction de l’auteure).
46
Le concept de répertoire d’action a été introduit en sciences politiques par Charles
Tilly pour rendre compte de la rigidité relative des formes d’action populaire. Cinq
facteurs pèseraient sur la disponibilité d’un moyen d’action dans une société donnée par
un groupe donné : les standards de droit et de justice qui prévalent dans la population et
rendent plus ou moins socialement acceptables différents types d’action collective, les
routines quotidiennes de fonctionnement d’un groupe protestataire, l’organisation