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Guignard/Acteurs non-gouvernementaux et le Protocole de Maputo
même reste cependant limité. Elles ne sont en effet pas consultées
durant les débats des experts et représentants gouvernementaux. C’est
à l’issue de ces deux longs processus d’examen que le projet de
Protocole a été adopté en juillet 2003.
Au moment où les représentants étatiques discutent du projet de
Protocole, se met en place une mobilisation de femmes en sa faveur,
dans un contexte d’ouverture institutionnelle au niveau régional avec le
remplacement de l’OUA par l’UA. Ainsi, si les associations ne sont pas
les premières à se saisir de l’enjeu de la codification d’un texte régissant
les droits des femmes au niveau régional, leur rôle devient de plus en
plus important. Quasiment absentes lors de sa mise à l’agenda, elles
sont consultées lors de sa formulation puis se mobilisent au moment de
son adoption. Le processus d’adoption du Protocole entraîne ainsi un
renouvellement des acteurs.
3
LE PROTOCOLE DE MAPUTO: UNE CAUSE
TRANSNATIONALE MOBILISATRICE (20032005)
Si le contexte de grande ouverture institutionnelle, avec le
remplacement de l’OUA par l’UA en 2001, est généralement invoqué
pour expliquer la rapide entrée en vigueur du Protocole de Maputo,
c’est une autre piste que nous souhaitons explorer ici. Il s’agit de la
mobilisation de la coalition SOAWR qui, cimentée autour de la volonté
d’accompagner cette entrée en vigueur auprès des chefs d’État, a joué
un rôle de catalyseur.
3.1
La constitution d’une coalition de la cause pour
l’entrée en vigueur du Protocole de Maputo
Dans la période qui suit l’adoption du Protocole, les associations ont
montré un grand engouement. Symbole d’une rupture, ce texte
cristallise les aspirations en vue d’une amélioration des conditions de
vie des femmes en Afrique. Ce qui explique que les organisations de
femmes qui se sont mobilisées ne tardent pas à se préoccuper de son
devenir. En témoigne l’organisation par FEMNET, de la conférence sur
le thème ‘une stratégie régionale pour la participation politique des
femmes africaines et le gender mainstreaming dans l’UA’, à Nairobi au
Kenya du 27 au 30 octobre 2003. Y participent notamment les
organisations Akina Mama Wa Africa, ‘Égalité maintenant’, FAS et
WiLDAF/FeDDAF. L’adoption du Protocole fait ainsi naître le
sentiment qu’une mobilisation pour son entrée en vigueur est
nécessaire, comme le souligne la militante de WiLDAF/FeDDAF
Adjamabdo-Johnson: ‘Personne n’était dupe. Une fois le Protocole