114 Guignard/Acteurs non-gouvernementaux et le Protocole de Maputo même reste cependant limité. Elles ne sont en effet pas consultées durant les débats des experts et représentants gouvernementaux. C’est à l’issue de ces deux longs processus d’examen que le projet de Protocole a été adopté en juillet 2003. Au moment où les représentants étatiques discutent du projet de Protocole, se met en place une mobilisation de femmes en sa faveur, dans un contexte d’ouverture institutionnelle au niveau régional avec le remplacement de l’OUA par l’UA. Ainsi, si les associations ne sont pas les premières à se saisir de l’enjeu de la codification d’un texte régissant les droits des femmes au niveau régional, leur rôle devient de plus en plus important. Quasiment absentes lors de sa mise à l’agenda, elles sont consultées lors de sa formulation puis se mobilisent au moment de son adoption. Le processus d’adoption du Protocole entraîne ainsi un renouvellement des acteurs. 3 LE PROTOCOLE DE MAPUTO: UNE CAUSE TRANSNATIONALE MOBILISATRICE (20032005) Si le contexte de grande ouverture institutionnelle, avec le remplacement de l’OUA par l’UA en 2001, est généralement invoqué pour expliquer la rapide entrée en vigueur du Protocole de Maputo, c’est une autre piste que nous souhaitons explorer ici. Il s’agit de la mobilisation de la coalition SOAWR qui, cimentée autour de la volonté d’accompagner cette entrée en vigueur auprès des chefs d’État, a joué un rôle de catalyseur. 3.1 La constitution d’une coalition de la cause pour l’entrée en vigueur du Protocole de Maputo Dans la période qui suit l’adoption du Protocole, les associations ont montré un grand engouement. Symbole d’une rupture, ce texte cristallise les aspirations en vue d’une amélioration des conditions de vie des femmes en Afrique. Ce qui explique que les organisations de femmes qui se sont mobilisées ne tardent pas à se préoccuper de son devenir. En témoigne l’organisation par FEMNET, de la conférence sur le thème ‘une stratégie régionale pour la participation politique des femmes africaines et le gender mainstreaming dans l’UA’, à Nairobi au Kenya du 27 au 30 octobre 2003. Y participent notamment les organisations Akina Mama Wa Africa, ‘Égalité maintenant’, FAS et WiLDAF/FeDDAF. L’adoption du Protocole fait ainsi naître le sentiment qu’une mobilisation pour son entrée en vigueur est nécessaire, comme le souligne la militante de WiLDAF/FeDDAF Adjamabdo-Johnson: ‘Personne n’était dupe. Une fois le Protocole

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