DEUXIEME PARTIE
Comme pratiquement toutes les sociétés, les comoriens considèrent les enfants
comme un bien précieux, si ce n’est le plus précieux de tous. Toutefois, cette
considération est largement fondée sur une notion utilitaire de l’enfant. Un enfant
peut évidemment être socialement utile, mais il est accordé plus d’importance à son
utilité économique.
Cela se vérifie particulièrement dans les milieux ruraux, dans lesquels les enfants des
deux sexes sont amenés à travailler dans les champs ou à effectuer des tâches
domestiques très tôt.
Psychologiquement et moralement, l’attitude des adultes envers les enfants n’est pas
à l’avantage de ces derniers. Cela est dû à une éducation dont l’objectif est de
« soumettre » l’enfant plutôt que de l’aider dans son développement. Néanmoins, cet
aspect de l’éducation a, de nos jours, tendance à laisser la place à une éducation plus
saine, fondée sur l’écoute de l’enfant et de ses besoins.
La présente partie a vocation à démontrer que les obstacles psychologiques,
sociologiques et économiques à l’application de la Charte sont nombreux dans
l’Union, mais pas insurmontables. Le Gouvernement comorien, les organisations
actives dans l’Union et la société civile travaillent quotidiennement pour que le pays
puisse tenir ses engagements pris en vertu de la Charte.
III. - MESURES GENERALES D’APPLICATION
Avant même que la CADBEE ne soit adoptée par l’Union, le 18 mars 2004, un certain
nombre de mesures avaient été prises et mises en œuvre en vue du développement,
du respect des droits et du bien-être de l’enfant.
Dès 1992, des séminaires ont été organisés dans l’ensemble de l’archipel, pour
sensibiliser la population aux problématiques sociales affectant les enfants.
Le point fort de cette campagne de mobilisation, qui a servi de tremplin aux actions
menées depuis lors pour la protection des droits et le bien-être de l’enfant, fût le
séminaire de sensibilisation qui a eu lieu en septembre 1993 sous l’égide du Hautcommissariat chargé de la promotion de la femme et de la protection sociale.
L’objectif principal de ce séminaire était d’asseoir une structure nationale regroupant
les ONG, les organisations de la société civile (OSC) et le Gouvernement, pour créer
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