Page 10 emprisonnée avec son enfant ». Par conséquent, le Comité exhorte fermement le gouvernement de la Côte d’Ivoire à mener des enquêtes sur cette question et à s’assurer que des alternatives non privatives de liberté sont trouvées pour les tuteurs primaires reconnus coupables. Dans les situations où les pénalités de garde sont les seules options, le Comité recommande que ces tuteurs ne soient pas emprisonnés avec les enfants, mais plutôt que ces derniers soient envoyés dans des institutions alternatives qui peuvent accueillir des enfants. Pour des orientations supplémentaires sur la protection des droits des enfants dont les tuteurs sont incarcérés, il est conseillé à l’État partie de se référer à l’Observation générale no 1 du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant sur l’article 30 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. iv. Abus sexuel, exploitation et trafic des enfants 38. Le Comité félicite l’État partie d’avoir conclu des traités bilatéraux et multilatéraux sur le trafic transfrontalier des enfants. Il est également à noter l’adoption de la loi n° 2010-272 par le gouvernement sur l’interdiction du trafic des enfants et des pires formes de travail des enfants, ainsi que la création du Comité national de suivi et du Comité interministériel qui sont en charge de la coordination des questions de trafic des enfants. L’existence d’une unité de trafic dans la police à Abidjan est également louable. Malgré ces efforts, le Comité demeure préoccupé par le fait que la Côte d’Ivoire demeure une source, un transit et une destination du trafic des enfants aux fins d’exploitation sexuelle et de travail forcé. Le Comité demande par conséquent à l’État partie de: a. collecter des données sur le trafic des enfants et le travail forcé des enfants afin de servir à orienter les mesures à prendre; b. accélérer le processus d’adoption et de mise en œuvre en temps utile du plan d’action national anti-trafic; c. concevoir rapidement des mesures de prévention du trafic des enfants et renforcer ses efforts afin de mener des enquêtes et de poursuivre les crimes liés au travail, à l’exploitation et au trafic des enfants; d. adopter des mécanismes d’identification des victimes d’exploitation sexuelle, du travail des enfants et du trafic des enfants et leur offrir des services de réhabilitation et de réinsertion; e. offrir une formation aux agents chargés de l’application de la loi, notamment les inspecteurs du travail, et les membres de l’unité de trafic de la police, sur l’identification des criminels et des victimes; et f. intensifier les efforts de sensibilisation en vue de conscientiser sur les impacts négatifs du trafic, de la violence sexuelle et du travail des enfants. v. Le mariage des enfants

Select target paragraph3