(2017) 1 Annuaire Africain des Droits de l’Homme 113 période de latence pour que les dispositions soient renforcées jusqu’à la finalisation du texte. Ainsi, deux types de ‘diplomaties catalytiques’17 - entendues comme l’implication d’acteurs non-gouvernementaux dans des activités diplomatiques – se sont distingués au niveau régional à cette époque. Le premier, porté par l’Association ‘Femmes Africa Solidarité’ (FAS), consistait à faire pression directement sur les membres du Conseil exécutif de l’UA et les chefs d’État pour accélérer le processus de production du Protocole, en organisant des pré-sommets avant les conférences. Ainsi, durant les sommets de l’UA entre 2002 et 2003, plusieurs membres associatifs interagissent pour mettre en place des stratégies communes - incarnées par les déclarations de Durban et de Maputo, et la Stratégie de Dakar - afin d’asseoir le plaidoyer pour l’adoption du Protocole additionnel. Les participants y demandent que des mesures soient prises pour assurer la participation effective des experts gouvernementaux compétents, ayant une formation juridique, y compris des femmes, à la deuxième réunion d’experts sur le projet de Protocole [et] que les dispositions nécessaires soient mises en place pour assurer la participation effective des ministres compétents à la réunion ministérielle qui se tiendra après la deuxième réunion d’experts sur ledit Protocole.18 Ils émettent enfin le souhait que ‘le Projet de Protocole soit adopté, ratifié et mis en vigueur’.19 Le second type de diplomatie catalytique avait pour but de faire du plaidoyer en amont auprès des représentants étatiques, pour influer sur le fond, lors des négociations. Les associations qui agissent dans ce sens sont notamment le Centre africain pour la démocratie et les études sur les droits de l’homme, WiLDAF/FeDDAF, FEMNET ou encore Égalité maintenant. C’est ainsi que les 4 et 5 janvier 2003, en préparation de la seconde réunion des experts gouvernementaux, ces différentes organisations se retrouvent à Addis-Abeba pour s’accorder sur une stratégie de plaidoyer auprès de l’UA et ses États membres afin d’assurer que les dispositions du Protocole soient au-delà de celles contenues dans les textes internationaux déjà ratifiés par la plupart des États africains.20 Suite à cette réunion, elles produisent un document d’information détaillant les manières dont cette version pourrait être renforcée. Ce document est largement disséminé, notamment auprès des gouvernements nationaux, et en particulier, des ministres de la justice, et de ceux chargés des droits des femmes. Durant cette séquence, les associations ont la possibilité de suivre la procédure institutionnelle d’adoption du texte, en tant qu’observatrices mais leur rôle dans la négociation sur son contenu 17 B Hocking ‘Catalytic diplomacy: beyond newness and decline’ in J Melissen (ed) Innovation in diplomatic practice (1999). 18 ‘Déclaration de Durban sur l’intégration de la perspective genre et la participation active de la femme dans l’UA’: http://www.genderismyagenda.com/campagne/ actes_fran/1_declaration_durban.pdf (consulté le 20 mars 2017). 19 Id. 20 ‘Mark-up from the Meeting convened on 4-5 juin 2003 in Addis-Abeba, by the Africa regional office and the law project of Equality Now’ (archive).

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