Les enfants sont ainsi assurés de recevoir de l’affection, de la sympathie et le cas
échéant, les réprimandes des membres de cette famille élargie. De manière générale,
les enfants connaissent, avec les membres de cette famille, un large spectre de
sentiments et d’attitudes qui contribue à leur développement moral et émotionnel.
Il est indéniable que cette famille étendue participe à la stabilité de la vie familiale
dont jouissent les enfants comoriens, malgré l’instabilité maritale et la polygamie
généralisée.
Dans les autres domaines comme l’apprentissage social, la communauté elle-même
offre le cadre approprié et articule les références et valeurs sociales qui permettent
aux enfants de s’intégrer socialement.
Néanmoins, ce système est actuellement en déclin. Le rôle éducatif de la
communauté décroisse graduellement, tandis qu’aucune structure n’est mise en
place pour la remplacer. Les jeunes sont l’objet d’une certaine crise identitaire
exacerbée par la « culture vidéo ».
VII.1.B - Responsabilité parentale (article 20)
Il résulte de l’article premier de la loi du 31 décembre 2005 relative à la protection de
l’enfance et à la répression de la délinquance juvénile que « l’enfant occupe au sein de
la famille une place privilégiée. Il a droit à une sécurité physique, matérielle et morale aussi
complète que possible. »
L’article 2 de cette loi prévoit que la responsabilité de l’éducation de l’enfant
« incombe en premier lieu à la famille » (et pas exclusivement aux parents), celle-ci
devant « assurer le développement harmonieux de sa personnalité. Jusqu’à sa majorité civile,
18 ans, l’enfant est sous l’autorité de ses parents ou de son tuteur qui doivent le protéger et
l’éduquer. »
Les parents, quant à eux, exercent l’autorité parentale. L’article 106 du Code de la
famille précise que « leur pouvoir consiste à le sermonner en excluant les sévices et la
torture. »
Pour ce qui est de la direction morale et matérielle des enfants, et de la famille en
générale celle-ci incombe exclusivement au mari, auquel l’article 57 du Code
susmentionné, directement inspiré du droit musulman, impose « l’obligation de
nourrir, entretenir son épouse et ses enfants, de la traiter en parfaite égalité avec les autres
épouses en cas de polygamie *étant précisé que+ l’épouse a le droit et l’entière liberté
d’administrer et de disposer de ses biens personnels. »
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