(2018) 2 Annuaire africain des droits de l’homme
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the cases before the Court involve States, the principal violators of the rights and
freedoms of individuals, but also the primary guarantors of respect for human rights.
This paradox is relevant in the Court, because ‘in the event of a dispute as to whether
the Court has jurisdiction, the Court decides’. This analysis aims to dissect the Court’s
judgments and decisions in order to derive broad trends and patterns. While
expressing the desire to no longer allow Africa to be in a state of lawlessness, the Court
also insists on the prevailing importance of state sovereignty. The decisions of the
Court, rich in motivations individual opinions, capture the quintessential tension
between competence and admissibility, the spirit and the letter of the text, and
international justice and state sovereignty.
MOTS CLÉS: compétence contentieuse, Cour africaine des droits de l’homme et
des peuples, souveraineté des États, jurisprudence, droits de l’homme,
violations, justice internationale
SOMMAIRE:
1
2
3
Introduction ................................................................................................................155
L’ambiguïté de la restriction d’accès à la Cour du fait de la souveraineté
des États ......................................................................................................................158
La stabilité de la jurisprudence de la Cour en faveur d’une large
ouverture ..................................................................................................................... 161
3.1
4
5
1
Les interprétations jurisprudentielles de la Cour relatives à la déclaration de
reconnaissance: une convergence entre le droit et la justice ...............................162
L’examen in concreto des conditions de recevabilité ...........................................167
Les mesures de contraintes de la Cour: une œuvre inachevée ........................174
Conclusion ................................................................................................................... 177
3.2
INTRODUCTION
Le 15 décembre 2009, la Cour africaine des droits de l’homme et des
peuples (Cour) rend son premier arrêt: affaire Michelot Yogogombaye
c. République du Sénégal. Cet arrêt fait suite à une requête en date du
11 août 2008 de monsieur Yogogombaye. En l’espèce, monsieur
Yogogombaye introduit cette requête en vue du « retrait de la
procédure actuellement diligentée par la République du Sénégal en vue
d’inculper, juger et condamner le sieur Hissène Habré, ex-chef d’État
tchadien actuellement réfugié à Dakar au Sénégal ».1 Soupçonné de
crimes de guerres et d’actes de tortures, l’ex-chef d’État tchadien s’est
réfugié au Sénégal en 1990. L’Union africaine a donné mandat au
Sénégal pour juger le sieur Hissène Habré en juillet 2006. Dans cette
affaire, la Cour conclut qu’elle n’a pas compétence pour connaître la
requête. A la suite de cette première sollicitation, la Cour rend plusieurs
arrêts et décisions concluant ‘son incompétence’ relativement aux
affaires. Le cadre de la confrontation entre justice internationale et
souveraineté des États est en place.
Cependant, bien comprendre les enjeux qui sous-tendent ce choc
passe inéluctablement par une définition des termes. La compétence
contentieuse est un pouvoir en vertu duquel les tribunaux et cours de
justice traitent les différends juridiques, « les contentieux », qui leurs
sont soumis. En clair, il s’agit de la capacité de pouvoir régler un litige
juridique.2 Elle est matérielle (en vertu de l’objet), personnelle (la
1
Michelot Yogogombaye c. République du Sénégal (Arrêt du 15 décembre 2009)
para 1.
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